Le diagnostic de TDAH chez l’adulte
Le TDAH concerne environ 3 % des adultes. Sa filière de soins est en cours de structuration dans le cadre de la Stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement (2023-2027), animée par les Centres Ressources TDAH (CR TDAH) labellisés par les ARS et graduée en deux niveaux.
Le diagnostic de TDAH peut être posé par tout médecin formé au diagnostic et au traitement du TDAH (recommandations HAS, 2024), quel que soit son lieu d’exercice.
Il n’est pas réservé aux centres experts ni aux spécialistes hospitaliers.
Des bilans spécialisés pour les situations complexes
Les équipes spécialisées et les CR TDAH réalisent des évaluations approfondies, utiles lorsque la situation est complexe, que les diagnostics différentiels sont nombreux, ou qu’il existe un doute important — notamment en cas de comorbidités multiples.
Les bilans pluridisciplinaires ne sont pas toujours indispensables
Comme pour d’autres diagnostics psychiatriques, par exemple le trouble bipolaire ou les troubles du spectre schizophrénique, le diagnostic peut reposer sur une évaluation clinique rigoureuse, sans recours systématique à un centre expert.
C’est dans cette logique qu’a été créé le dispositif TDAH DPL : proposer un appui structuré aux médecins de première ligne lorsque la situation paraît compatible avec un diagnostic — ou une prise en charge — du TDAH de l’adulte.
Qu’est-ce que le dispositif DPL ?
Le dispositif TDAH DPL, pour Diagnostic de Première Ligne, s’adresse aux situations où un TDAH de l’adulte est suspecté, ou déjà diagnostiqué et nécessitant un ajustement thérapeutique.
👥 Pour qui ?
Médecins généralistes et psychiatres, libéraux comme hospitaliers.
🎯 Pourquoi ?
Réduire l’errance diagnostique, raccourcir le parcours quand la situation est claire, sécuriser la stratégie thérapeutique, et réserver le recours spécialisé aux situations complexes.
🤝 Comment ?
Un appui méthodologique des Makaras, avec un support structuré et une téléexpertise avec le praticien.
Quand proposer le DPL ?
Le DPL peut être proposé lorsque la demande adressée aux Makaras fait apparaître une situation compatible avec une intervention de première ligne.
Une double entrée propre au TDAH. La demande peut être diagnostique (un TDAH est suspecté, à confirmer ou à écarter) ou thérapeutique chez un patient déjà diagnostiqué : optimisation, échec ou intolérance du traitement.
Une question diagnostique
Que le tableau paraisse très évocateur ou au contraire peu probable, le DPL apporte un appui structuré pour confirmer ou écarter le diagnostic de façon argumentée.
Une question thérapeutique
Chez un patient déjà diagnostiqué officiellement (et non par auto-diagnostic), pour optimiser le traitement, ou face à un échec ou une intolérance.
Compatible avec votre activité
Le médecin accepte de compléter les documents, d’échanger avec l’UMAA, et de réaliser l’annonce diagnostique ou d’assurer le suivi.
Quand le DPL n’est pas adapté : la forte désirabilité du diagnostic
Côté diagnostique, lorsque le patient semble très attaché à obtenir absolument un diagnostic de TDAH, au point que l’évaluation risque d’être biaisée, le DPL n’est généralement pas adapté. Une évaluation spécialisée est alors préférable : elle permet une analyse plus approfondie des diagnostics différentiels et des comorbidités, et des outils psychométriques sont souvent nécessaires pour répondre à la question.
Comment se déroule le dispositif ?
Tout part de la lecture de la demande par un médecin de l’UMAA, qui décide si le DPL-TDAH est applicable et répond au médecin adresseur.
L’UMAA examine la demande : partie patient, partie médicale, et les auto-questionnaires (ASRS, WURS) lorsqu’ils sont requis. Une réponse est adressée au médecin, indiquant si la situation relève du DPL-TDAH.
Selon la nature de la demande — diagnostique ou thérapeutique — le parcours diffère ensuite.
🧠 Support clinique puis téléexpertise
Le praticien complète le support clinique structuré (comme dans le DPL-TSA), puis échange avec l’équipe en téléexpertise.
💊 Téléexpertise directe
Après lecture de la demande, une téléexpertise est programmée directement avec le médecin pour discuter du traitement.
Issues possibles d’une demande diagnostique
Diagnostic confirmé
Annonce faite par le praticien, qui assure la mise en route du traitement et le suivi, avec orientation selon les besoins.
Diagnostic non retenu
Annonce faite par le praticien. Le patient est considéré comme non repéré pour un TDAH dans ce cadre.
Éléments insuffisants
Un second entretien ou des outils complémentaires peuvent être proposés pour affiner l’analyse.
Situation trop complexe
Réorientation vers un service compétent pour un bilan spécialisé : CR TDAH ou toute autre équipe du réseau plus à même de réaliser un bilan pluridisciplinaire spécialisé.
Comment faire une demande ?
La demande se fait depuis la page dédiée au DPL-TDAH, qui regroupe tout le nécessaire : formulaire à remplir en ligne, ou versions imprimables à télécharger.
Sur la page dédiée, la demande se remplit en ligne ou se télécharge (Word ou PDF) pour être complétée à la main.
Une partie patient et une partie médicale, toutes deux nécessaires. Pour une question diagnostique, deux auto-questionnaires (ASRS et WURS) sont également à compléter ; tout est expliqué dans le dossier.
Dossier complet à UMAA@ch-valvert.fr. Un médecin de l’UMAA l’étudie, décide si le DPL-TDAH est indiqué et recontacte le médecin adresseur.
📝 Accéder au formulaire de demande DPL-TDAH
Remplissez la demande en ligne ou téléchargez les formulaires imprimables depuis la page dédiée.
Accéder au support du DPL
Le support n’est utilisable que lorsque l’indication du DPL-TDAH a été retenue par l’UMAA. Il sert à structurer les entretiens cliniques (voie diagnostique) puis à préparer la téléexpertise avec l’équipe de coordination.
À quoi sert ce support ?
🧠 Un appui, pas un test
C’est un appui au raisonnement clinique : aucun outil ni score ne pose à lui seul le diagnostic. Il aide à objectiver, lors d’entretiens structurés, les éléments compatibles avec un TDAH de l’adulte, en cherchant à limiter les faux positifs. Les auto-questionnaires (ASRS, WURS) gardent une part de subjectivité et demandent toujours une lecture clinique.
🧱 De quoi est-il composé ?
- Un préambule « Drapeaux rouges » : signes évocateurs par domaine, formes inattentives et profils féminins, critères de complexité et pièges fréquents — dont la vigilance différentielle bipolaire / TDAH.
- Partie 1 — Exploration clinique guidée : entretien structuré avec le patient, inspiré de la DIVA-5 (inattention et hyperactivité/impulsivité, à l’enfance et à l’âge adulte, retentissement fonctionnel).
- Partie 2 — Témoignage d’un proche : éléments développementaux (avant l’âge de 12 ans) recueillis auprès d’un tiers. L’idéal est de pouvoir interroger directement le proche ; à défaut, le questionnaire peut lui être transmis, le plus souvent par l’intermédiaire du patient.
- Sections complémentaires : grille d’observation, lecture des critères DSM-5-TR et diagnostics différentiels et comorbidités.
⏱️ Combien de temps ?
L’exploration clinique se déroule en général sur un entretien d’environ 30 minutes, parfois davantage selon la complexité de la situation ou la connaissance préalable du patient. Le témoignage d’un proche s’ajoute dès qu’un proche est disponible.
💻 Support interactif — à utiliser sur ordinateur
Une page web à ouvrir dans le navigateur de l’ordinateur, qui fonctionne en local, sans connexion internet. Ce support interactif vous permet de compléter, au fil des séances, les dossiers de plusieurs patients en parallèle. Il génère un PDF de synthèse et permet d’envoyer les réponses à l’équipe.
Mot de passe requis · téléchargement d’un fichier ZIP à décompresser
Mot de passe requis
Mode d’emploi du support interactif
Saisissez le mot de passe communiqué par l’UMAA, puis téléchargez le fichier ZIP « TDAH DPL Support - Les Makaras ». Une fois téléchargé, décompressez-le : vous obtiendrez le dossier contenant le support interactif (à ouvrir dans le navigateur).
Utilisez de préférence Google Chrome ou Microsoft Edge, qui permettent d’enregistrer directement dans votre fichier de sauvegarde. Évitez Internet Explorer.
À la première ouverture, le support vous invite à choisir un fichier de sauvegarde (« .json ») sur votre ordinateur. Vos dossiers y sont conservés : ils vivent sur votre poste, dans un fichier que vous maîtrisez entièrement, sans aucun serveur.
Pendant la consultation, cliquez régulièrement sur « 💾 Enregistrer la progression » pour sauvegarder vos dossiers dans ce fichier.
À la réouverture du support, cliquez sur « 📂 Restaurer une sauvegarde » et sélectionnez votre fichier « .json » pour retrouver vos dossiers et reprendre là où vous en étiez — y compris sur un autre ordinateur.
Point important
Le fichier contient des données cliniques. Il doit rester sur un ordinateur sécurisé. Aucune donnée n’est stockée sur internet : les informations restent localement sur l’ordinateur où le fichier est utilisé.
Support élaboré par les Dr Clémentine Doussy, Fanny Cviklinski et Raphaël Curti dans le cadre du Dispositif de Première Ligne, avec l’appui de l’équipe de l’Unité Mobile Autisme Adultes Les Makaras – CH Valvert.